Kadath

« Alors, aux accords des milliers de sifflements du matin et dans les éblouissants rayons de l’aube qui se reflétaient sur le grand dôme doré de la Chambre Législative, sur la colline, et pénétraient chez lui par les vitraux violets, Randolph Carter se réveilla en criant dans sa chambre de Boston. Des oiseaux chantaient dans des jardins invisibles et le parfum mélancolique des jasmins palissés montait des tonnelles que son grand-père avait dressées. La beauté, la lumière émanaient de la cheminée classique, de la corniche sculptée et des murs aux peintures grotesques ; au coin du feu, un chat noir, le poil luisant de santé, émergeait en bâillant de son somme dont l’avaient tiré le sursaut et le cri de son maître. À d’innombrables immensités de là, bien loin de la porte du Sommeil Profond, du bois enchanté et de la terre des jardins, au-delà de la mer Cérénérienne et des abords crépusculaires d’Inquanok, Nyarlathotep, le chaos rampant, rêvait dans la citadelle d’onyx au-dessus de Kadath, la cité inconnue du désert glacé. Et il se moquait des dieux débonnaires de la Terre qu’il avait brutalement arrachés à leurs fêtes parfumées de la merveilleuse cité du couchant. »

La quête onirique de Kadath l’inconnue

Howard Phillips Lovecraft, 1927
publié par Arkham House en 1943.

wordpress